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Dossier éditorial

L’arrivée de Daniel Olivier pour propulser la croissance de l’innovation maritime

By février 19, 2024février 27th, 2024No Comments

Dossier éditorial — Un nouveau cap pour Novarium

L’arrivée de Daniel Olivier pour propulser la croissance de l’innovation maritime

C’est avec fierté et fébrilité qu’on vous annonce l’arrivée d’un important pilier chez Novarium. Daniel Olivier, c’est plus de 20 ans d’expérience en transport maritime et logistique mais c’est surtout ce désir d’innover et cette volonté d’être un acteur du changement.

M. Olivier est titulaire d’un doctorat en géographie économique (transports maritimes) de l’Université de Hong Kong où il a approfondi ses connaissances et a vécu l’éclosion d’un empire maritime aux premières loges.

Crédits photos Pexels Tim Durgan (gauche), Julia Volk (droite)
À noter que le Port de Hong Kong était, à cette époque, le plus grand port du monde.

Travaillant sur les plans et volontés d’expansion des opérateurs de terminaux mondiaux, il a vu, accompagné et documenté des compagnies maritimes qui partaient d’un marché local vers des investissements internationaux et qui sont, aujourd’hui, de grandes multinationales.

Il est également titulaire d’un certificat en gestion des chaînes d’approvisionnement de l’Université Georgia Tech. Instaurer de nouvelles pratiques alliant technologies, innovation et opérations est tout-à-fait naturel dans le parcours de Daniel Olivier.

« Je reviendrai à Montréal
Écouter le vent de la mer »

Ayant été exposé aux meilleures pratiques mondiales durant son séjour de 4 ans en Asie, Daniel Olivier décide de revenir s’ancrer à Montréal, par attachement et par éthique, avec cette volonté d’être un acteur du changement.

À son retour au pays, il a travaillé pour Transports Canada en politiques stratégiques, notamment sur l’initiative corridor de l’Asie-Pacifique; investissements majeurs dans les infrastructures logistiques et transports de l’ouest canadien pour conserver le momentum et tenir le rythme du commerce entre le Canada et la Chine qui était en forte croissance.

Suite à une tournée asiatique des usagers de la chaîne logistique canadienne pour présenter l’initiative du corridor, le message est clair: le Canada n’est pas le meilleur élève en termes de performance logistique avec ses relations de travail tendues et ses enjeux de congestion portuaire.

C’est à ce moment qu’il s’est mis à collaborer avec les ports canadiens pour mettre en place des mesures de performance objectives de la chaîne logistique canadienne. Daniel Olivier a pris conscience qu’il préférait être au cœur de l’action et des décisions en faisant le saut au Port de Montréal plutôt que d’entamer une longue carrière au fédéral.

Plus de 10 ans d’innovation au Port de Montréal

C’est en 2012, qu’il se joint à l’Administration portuaire de Montréal comme directeur, Veille stratégique et de l’innovation avec la mission de mettre en place des outils technologiques qui améliorent la fluidité et la visibilité des cargos, les processus d’affaires, et l’empreinte écologique du Port de Montréal.

Les premières étapes ont été de donner l’accès à la donnée aux usagers et, pour ce faire, il fallait mettre en place des outils pour créer des mesures de performance portuaire. Une fois que l’accès à l’information était ouvert, on peut innover et lancer des projets d’innovation plus structurants. 

Il s’en est suivi une association avec le Centech, un centre d’innovation de calibre mondial. On a fait du Port de Montréal un véritable laboratoire d’innovation afin que des startups réfléchissent sur des problématiques réelles et puissent venir tester et implanter leur technologie dans un contexte industriel réel. Certains projets d’innovation sous sa gouverne, notamment en intelligence artificielle, ont gagné des prix internationaux.

Daniel Olivier a été en mesure de voir la force de son environnement avec une vision beaucoup plus large et faire bénéficier le Port de Montréal de la force de l’écosystème technologique / intelligence artificielle de Montréal. Afin de se différencier dans un marché concurrentiel agressif, il a voulu faire du Port de Montréal non seulement un fournisseur d’infrastructure traditionnel mais un fournisseur de solutions numériques.

Après 11 ans au Port de Montréal, un sentiment d’accomplissement s’est fait sentir. L’émergence du discours de l’économie bleue l’attirait et la possibilité d’innover dans un océan de possibilités plus vaste a gagné son cœur et sa motivation.

Le pouvoir de l’économie bleue

Il n’y a pas de doute, au niveau mondial, les écosystèmes innovants en économie bleue sont aussi de grandes puissances maritimes: Singapour, Oslo, Los Angeles, Tokyo… pour ne nommer que ceux-ci. Ils ont été en mesure de transformer leur vision et de développer l’ensemble des secteurs et non seulement le transport maritime: énergies propres, aquaculture, économie circulaire, biotechnologies marines, etc.

« Les technologies de l’océan, c’est extraordinaire et tellement mal compris. La demande surpasse l’offre. C’est un secteur d’innovation en très grande croissance. Novarium veut se positionner dans cette nouvelle vague et travailler avec des partenaires industriels sérieux qui souhaitent accélérer leur agenda de décarbonation. Mon rôle est de faire croître le portfolio maritime et portuaire.»

L’Économie bleue en quelques chiffres

Au Canada, l’économie bleue contribue en moyenne à 1,6 % du PIB versus 3% selon la moyenne des pays de l’OCDE.

À l’échelle mondiale
— $3 trillions
— 350 millions d’emplois
— 1 personne sur 5 dépend des océans pour gagner sa vie

Pour lui, l’innovation ça se structure, mais c’est aussi un moment d’épiphanie. Le secteur maritime nord-américain accuse du retard et a beaucoup à apprendre du reste du monde. L’innovation est la solution à un problème que l’on croyait inexistant. « Tu rencontres une startup qui oeuvre dans un autre secteur d’activité et tu réalises que sa solution ou son produit, avec quelques légères modifications, devient des plus pertinentes pour l’industrie maritime. »

Le plus grand défi de l’industrie maritime de l’époque moderne est la décarbonisation. On souhaite faire des ports un laboratoire pour l’électrification, le développement d’énergies propres et renouvelables. Le port est un carrefour multimodal (navire, camion, train) et un terrain d’expérimentation idéal. 

Daniel Olivier met son expertise à profit dans l’expansion de deux programmes d’innovation: CANAL (Québec, Canada) et OCEAN EDGE (International). 

Créer des plateformes collaboratives en innovation pour les ports est tout-à-fait naturel. Les ports bénéficient d’un partage des coûts pour le déploiement de nouvelles technologies, de mutualiser leurs connaissances et de stratégies d’accélération ainsi qu’un portfolio des meilleures startups au monde en technologie climatique. 

Pour les startups, il est beaucoup plus intéressant et avantageux de développer la clientèle portuaire en sectoriel plutôt que de manière individuelle. 

Nous assurons l’effort de visibilité auprès de l’industrie technologique pour faire connaître et rayonner l’industrie maritime. Nous tissons des liens entre les écosystèmes. 

Des partenariats fructueux voient le jour, notamment avec Forum Oceano (Lisbonne) et BlueTech Port (Barcelone) et font de Novarium le partenaire canadien de choix pour la péninsule ibérique et vice-versa. 

Avec un rayonnement et des collaborations à l’international, nos startups bénéficieront d’infrastructures, de programmes d’accompagnement et d‘accélération ainsi que d’une porte d’entrée sur des marchés internationaux. 

Il souligne la qualité de l’enseignement et des connaissances de classe mondiale au Québec, particulièrement à Rimouski, où se trouve notamment le Campus d’innovation Novarium. C’est une histoire qui gagnerait à être davantage connue, autant localement qu’à l’international. 

Environnement et qualité de vie

L’environnement a toujours été au cœur des préoccupations de Daniel Olivier. À vrai dire, les ports sont déjà impliqués dans certaines sphères de l’économie bleue, mais doivent accélérer leurs efforts. Plusieurs initiatives ont été mises sur pied au Port de Montréal pour réduire l’empreinte carbone et être un vecteur de changement dans la métropole. À noter que le Port de Montréal a d’ailleurs été un des premiers au Canada à alimenter les navires au gaz naturel liquéfié, un carburant plus propre que le pétrole. La régénération des milieux aquatiques est un pilier important d’une économie bleue. À ce titre, le Port de Montréal fait preuve de leadership à travers son programme de banque de compensation faunique et végétal aux Îles-de-Boucherville.

Parc national des Îles-de-Boucherville, SÉPAQ, Nancy Guignard

Son passage à Hong Kong laissera une empreinte forte sur lui et l’a surtout rapidement conscientisé aux enjeux climatiques. Adossé au plus grand bassin manufacturier du monde qu’est le sud de la Chine, la pollution atmosphérique se moque des frontières et hypothèque lourdement la qualité de vie des habitants de Hong Kong. La qualité de l’air atteint des seuils critiques et devient un enjeu de santé publique: certains jours, il était impensable de se balader dans la ville sans le port du masque ou de voir les beaux paysages qu’offrent les collines de la ville.

« Il n’y a pas de plus grande crise que la crise climatique. Nous avons de grands objectifs humanitaires et planétaires de par le fait que tout le monde respire le même air. »

Il espère que la popularité fulgurante de l’économie bleue servira également d’éveil aux jeunes générations qui auront envie de s’investir positivement dans le développement des technologies de l’océan afin d’assurer la protection et la gestion saine des eaux qui nous entourent.

C’est avec des étoiles dans les yeux qu’il me parle d’une startup québécoise avec une solution qui transforme l’énergie des vagues en processus de désalinisation à l’aide d’un drone flottant.

Daniel Olivier rêve que le port de demain sera un terrain fertile pour expérimenter les énergies propres, l’aquaculture, les biotechnologies, la protection des écosystèmes marins, un lieu de rencontre pour la communauté dans un environnement sain.

À propos de l’auteure

Nancy Guignard

Rédactrice et photographe indépendante, Nancy Guignard use de sa sensibilité pour raconter des histoires en mots et en images. La connexion avec la nature est primordiale pour sa créativité.